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La terre a tremblé ce mercredi !


Il était 17 heures 12 minutes et 21 secondes très exactement, ce mercredi 23 octobre 2019, lorsqu’un séisme d’une magnitude de 3,0 sur l’échelle ouverte de Richter (MLv) a légèrement fait trembler la terre du Forez.

Son épicentre se situerait sous la commune de Saint-André-le-Puy (avec une indétermination de +ou- 1 à 2 km), à une profondeur de 10 km et son type n’est pas encore déterminé à cette heure.

Il a été enregistré par 47 stations sismologiques du Réseau National de Surveillance Sismique (RéNaSS) dont le site central se trouve à l’Ecole et Observatoire en Sciences de la Terre (EOST) à Strasbourg.

Ce séisme a été ressenti sur notre commune comme une vibration sourde, similaire à celle du tonnerre, mais plus longue dans sa durée.

Si vous avez vous aussi ressenti quelque chose, n’hésitez pas à aider la science en apportant votre témoignage auprès du Bureau Central Sismologique Français (www.franceseisme.fr) en vous rendant sur la page dédiée à cet événement :

https://renass.unistra.fr/evenements/5db06ebb036c330001b170e9

Pour approfondir…

Ce séisme est le cinquième qui touche le Forez en ce mois d’octobre.

C’est aussi le plus puissant, les précédents n’ayant pas dépassé la magnitude 2  :

  • 22 octobre (magnitude 1,1)
  • 16 octobre (magnitude 2)
  • 15 octobre (magnitude 1,9)
  • 9 octobre (magnitude 1,9)

Les tremblements de terre en France sont rares… tant mieux !

Mais occasionnellement, quelques secousses nous rappellent que l’Ouest de l’Europe est une zone active, produisant une sismicité modérée et diffuse mais cependant bien réelle.

L’histoire française montre que des séismes importants se sont
produits, entraînant dommages et victimes. Le plus célèbre en
métropole est celui de 1909 à Lambesc ayant provoqué environ 40
morts.

Depuis, d’autres séismes ayant occasionné des dégâts se sont produits en France : (Arette 1967, Annecy 1996). D’autres se produiront donc dans le futur.

Plus près de nous, mais plus loin aussi dans le temps, une plaque posée sur la grille de l’église Saint-Jean de la ville d’Ambert nous informe qu’un séisme frappa cette dernier en 1477

 

Quelles sont les causes des séismes ?

Le séisme de ce mercredi s’est produit en plein cœur du Forez, à une dizaine de kilomètres de profondeur, donc dans la croûte terrestre. Ce dernier n’ayant pas encore fait l’objet d’un rapport d’analyste, nous ne pouvons pas encore en connaître la cause exacte.

Mise à jour : l’événement a été officiellement classé dans la catégorie séisme. Sa cause est donc totalement naturelle.

Néanmoins, un séisme se caractérise comme une secousse du sol résultant de la libération brusque d’énergie accumulée par les contraintes exercées sur les roches.

Cette libération d’énergie se fait par rupture le long d’une faille, généralement préexistante. Plus rares sont les séismes dus à l’activité volcanique ou d’origine artificielle (explosions par exemple).

Le lieu de la rupture des roches en profondeur se nomme le foyer.

La projection du foyer à la surface est l’épicentre du séisme.

Le mouvement des roches près du foyer engendre des vibrations élastiques qui se propagent, sous la forme de paquets d’ondes sismiques, autour et au travers du globe terrestre. Il produit aussi un dégagement de chaleur par frottement, au point de parfois fondre les roches le long de la faille (pseudotachylites).

Il se produit de très nombreux séismes tous les jours mais la plupart ne sont pas ressentis par les humains. Environ cent mille séismes sont enregistrés chaque année sur la planète.

Les plus puissants d’entre eux comptent parmi les catastrophes naturelles les plus destructrices.

Les séismes les plus importants modifient la période de rotation de la Terre et donc la durée d’une journée (de l’ordre de la microseconde).

La majorité des séismes se produisent à la limite entre les plaques tectoniques (séismes interplaques) de la terre, mais il peut aussi y avoir des séismes à l’intérieur des plaques (séismes intraplaques).

La tectonique des plaques rend compte convenablement de la répartition des ceintures de sismicité à la surface du globe : les grandes ceintures sismiques du globe, caractérisées par la densité géographique des tremblements de terre, sont la ceinture de feu du Pacifique (elle libère 80 % de l’énergie sismique chaque année), la ceinture alpine (15 % de l’énergie annuelle) et les dorsales dans les océans (5 % de l’énergie annuelle).

source https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme

Petit rappel sur l’histoire géologique de la Loire

Nos souvenirs de collège nous rappellent que la plaine du Forez est une plaine dite d‘effondrement datant de l’ère Tertiaire (de -66 à -2,58 millions d’années).

Mais il faut remonter encore plus loin dans le temps, à l’ère Primaire (de -542 à -251 millions d’années), pour comprendre sa formation.

A l’ère primaire, la région était intégrée dans le vaste ensemble hercynien (ou varisque), une chaîne de montagnes en forme de V, s’étendant sur toute l’Europe Occidentale, de la Bretagne jusqu’en Bohême.

Des ensembles volcaniques et sédimentaires apparurent alors dans les bassins houillers de Roanne et de Saint-Étienne.

Il y a 340 millions d’années, au sud de Roanne, une vaste caldeira d’une dizaine de kilomètres de diamètre émettait d’importantes quantités de laves.

Les zones lacustres et boisées proches, productrices de matières végétales abondantes, combinées à l’activité volcanique et à des dépôts sédimentaires furent à l’origine de la création des roches anthracifères.

De son côté, entre -330 et -280 millions d’années, le Pilat, qui est une chaîne de type himalayen, se forma suite à la collision entre la plaque paléo-Afrique (Gondwana) et des micro-continents (Armorica, Baltica… l’actuelle Bretagne et Europe du Nord).

 

Vers -300 millions d’années, des phases de relâchements permirent la formation des bassins houillers carbonifères, tel celui de Saint-Étienne.

A l’ère secondaire, le Massif Central est déjà aplani depuis fort longtemps (pénéplénation). La mer Jurassique fait quelques incursions sur le pourtour de cette zone continentale et vient déposer des calcaires dans les environs de Charlieu.

A l’ère tertiaire, toute la région subit les contrecoups de l’orogenèse alpine. Certains secteurs s’effondrent pour donner des fossés, comme l’actuelle Plaine du Forez.

Roches volcaniques et sédiments lacustres attestent de cet épisode majeur dans l’histoire récente du Massif Central (-35 à -6 millions d’années).

Lors de la dernière glaciation (entre -80 000 et -10 000 ans), les glaciers würmiens étaient proches de l’actuelle vallée du Rhône. Fleuves et lacs glaciaires occupaient la zone de Condrieu. 

Les Monts du Forez forment la bordure occidentale des Bassins du Roannais et du Forez. La lithologie de cette zone est relativement semblable à celle du Massif du Pilat puisqu’on y retrouve des granites à deux micas, des leucogranites, ou encore des granites monzonitiques. Toutes ces roches sont d’âge hercynien, comme dans le Pilat.

On observe également en plusieurs endroits le témoignage de l’activité glaciaire du Quaternaire (moraines, chirats ou chiers dans le patois local).

Source : Institut Français de l’Education