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Cérémonie de la souvenance du Groupe Ange le dimanche 23 juillet 2017 à Gumières


Le discours de Monsieur le Maire de Gumières

« Il n’y a pas de petits ou de grands maquis.
Il n’y a pas de petits ou de grands combattants.
La stèle qui se trouve derrière moi, dressée en l’honneur des combattants nous rappelle sans cesse à quel point nous devons être fiers, nous petits enfants de ces générations sacrifiées, d’honorer régulièrement leurs mémoires.
Nous avons souhaité depuis quelques années donner à cette cérémonie commémorative un caractère heureux ou la convivialité, l’amitié et la compassion occupent une place particulière. Par votre indéfectible présence à nos côtés au fil du temps, vous faîtes honneur à tous ces sentiments fondamentaux de l’humanité et vous œuvrez activement à la transmission de cette mémoire.
Je vous en remercie sincèrement.
Sur cette stèle sont gravés, au défi du temps, les noms des combattants qui ont gagné notre liberté au fil des batailles et autres embuscades. Chaque année nous citons leurs noms et évoquons leurs mémoires, au fil de leurs victoires et de leurs éclats. Nous leurs devons bien cela.
Mais au-delà de ce premier cercle de héros, n’oublions pas aussi tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué au succès des opérations.
Ce sont des hommes, des femmes, quelquefois même des enfants, proches, amis, connaissances, qui ont été appelés à être les acteurs d’un mauvais film dont ils ne connaissaient pas le scénario.
Qu’ils soient acteurs ou figurants, aucun ne possédait de doublure car le film était la réalité et aucune arme ne tirait à blanc. Les morts ne se relevaient pas à la fin.
Au service du maquis, ils le servaient en combattant, ils le ravitaillaient en armes, munitions, nourritures, médicaments, vêtements et autres produits de nécessités premières.
Opérateurs radio, agents ou simples messagers, ils transmettaient des informations codées dont ils ne saisissaient bien souvent pas le sens.
Simples citoyens d’un pays plongé précipitamment dans l’emprise du troisième Reich par un gouvernement complice et coupable, ils mirent souvent en péril leurs vies pour permettre à leurs Maquis, à leurs Espoirs, dans ces instants d’apocalypse, de sortir des ténèbres leur Pays tant aimé.
Ils furent épiés, dénoncés, brimés, torturés, fusillés et rarement honorés. Ils sont aujourd’hui l’honneur de notre pays, l’honneur de cette France qu’ils aimèrent au-delà de leurs existences.
Ces ombres furtives d’hier sont notre lumière aujourd’hui.
Nous pouvons et nous devons être fiers d’eux.
Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau !
Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu’enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !
Issus des chants du crépuscule, ces vers furent écris par Victor Hugo il y a plus de 182 ans. Ils illustrent un idéal de reconnaissance bien souvent ignoré car tel un ogre insatiable, le temps ronge la mémoire et aplatit l’histoire, oubliant ses petits détails.
Et pourtant, quand l’horreur chasse la beauté, quand le bruit des bombes couvre celui de l’orage, quand les rivages d’azur se teintent de rouge, quand les cheminées de l’effroi crachent implacablement la fumée des âmes innocentes et enfin quand la honte de survivre ronge à jamais ceux qui restent, il n’y a pas de petits détails, comme il n’y a pas de petits maquis ou de petits combattants.
À la fin, il reste juste des hommes, avec un grand H.
Et quand ces hommes ne sont plus, il reste juste à notre France la mémoire de ses enfants pour écrire et perpétrer son histoire, avec un grand H elle aussi.
Je vous remercie pour votre attention. »

Quelques photos

 

 

 

 

Quelques photos de classe de ces dernières années, août 2017
Fermeture de la mairie de Gumières, août 2017