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Commémoration du 8 mai 2020 à Gumières


Le 8 mai est un jour important. En France, le 8 mai est chaque année un jour férié qui rappelle la victoire des Alliés sur le théâtre européen dans la Seconde guerre mondiale et la capitulation de l’Allemagne nazie. 

Je vous renvoie à l’article publié l’an dernier sur la partie historique de cette date ici

Cette année n’est pas comme les autres fois et doit respecter le confinement dû à la propagation du virus covid 19. La cérémonie de célébration a eu lieu le 8 mai 2020 à 11 heures à huis clos, conformément aux  directives légales en vigueur, à savoir cinq personnes au plus.
Mr Jacquetin lut le discours du Président de la République, Monsieur Macron :

« Ce 8 mai ne ressemble pas à un 8 mai. Il n’a pas le goût d’un jour de fête. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous rassembler en nombre devant les monuments de nos villes, sur les places de nos villages, pour nous souvenir ensemble de notre histoire. 
Malgré tout, la Nation se retrouve par la pensée et les mille liens que notre mémoire commune tisse entre chacun de nous, cette étoffe des peuples, que nous agitons en ce jour dans un hommage silencieux. 
C’est dans l’intimité de nos foyers, en pavoisant nos balcons et nos fenêtres, que nous convoquons cette année le souvenir glorieux de ceux qui ont risqué leur vie pour vaincre le fléau du nazisme et reconquérir notre liberté.  
C’était il y a 75 ans. 
Notre continent refermait grâce à eux le chapitre le plus sombre de son histoire : cinq années d’horreur, de douleur, de terreur. 
Pour notre pays, ce combat avait commencé dès septembre 1939.
Au printemps 1940, il y a 80 ans, la vague ennemie avait déferlé sur les frontières du Nord-Est et la digue de notre armée n’avait pas tenue. 
Nos soldats pourtant s’étaient illustrés à de nombreuses reprises. Ceux de Montcornet, d’Abbeville, de Gembloux ou de Stone, les hommes de Narvik, les cadets de Saumur, l’armée des Alpes avaient défendu avec vigueur notre territoire et les couleurs de notre pays. 
Ils sont « ceux de 40 ». Leur courage ne doit pas être oublié. 
Dans le crépuscule de cette « étrange défaite », ils allumèrent des flambeaux. Leur éclat était un acte de foi et, au cœur de l’effondrement, il laissait poindre la promesse du 8 mai 1945. 
Cette aube nouvelle fut ensuite conquise de haute lutte par le combat des armées françaises et des armées alliées, par les Français Libres qui jamais ne renoncèrent à se battre, par le dévouement et le sacrifice des Résistants de l’Intérieur, par chaque Française, chaque Français qui refusa l’abaissement de notre nation et le dévoiement de nos idéaux. 
La grande alliance de ces courages permit au Général DE GAULLE d’asseoir la France à la table des vainqueurs.
La dignité maintenue, l’adversité surmontée, la liberté reconquise, le bonheur retrouvé : nous les devons à tous ces combattants, à tous ces Résistants. 
A ces héros, la Nation exprime son indéfectible gratitude et sa reconnaissance éternelle.
Le 8 mai 1945, c’est une joie bouleversée qui s’empara des peuples. Les drapeaux ornaient les fenêtres mais tant d’hommes étaient morts, tant de vies étaient brisées, tant de villes étaient ruinées. A la liesse succéda la tristesse et la désolation. Avec le retour des Déportés, les peuples découvrirent bientôt la barbarie nazie dans toute son horreur…
Rien, plus jamais, ne fut comme avant.
La fragilité révélée de nos vies et de nos civilisations nous les rendit plus précieuses encore. Au bout de cette longue nuit qu’avait traversée le monde, il fallait que l’humanité relevât la tête. Elle venait de découvrir horrifiée qu’elle pouvait s’anéantir elle-même et il lui fallait désormais refaire le monde, de fond en comble, ou à tout le moins « empêcher que le monde ne se défasse », selon le mot de Camus. 
Ce fut l’heure, en France, de l’union nationale pour fonder « les beaux jours » annoncés par le Conseil National de la Résistance et bientôt retrouvés. 
L’heure, en Europe, de l’effort commun pour bâtir un continent pacifié et fraternel. 
L’heure, dans le monde, de construire les Nations unies et le multilatéralisme.  
Aujourd’hui, nous commémorons la Victoire de ce 8 mai 1945, bien sûr, mais aussi, mais surtout, la paix qui l’a suivie. 
C’est elle, la plus grande Victoire du 8 mai. Notre plus beau triomphe. 
Notre combat à tous, 75 ans plus tard.

Vive la République !
Vive la France ! »

Conformément aux instructions strictes, aucune musique ni hymne n’ont été diffusés.

Ensuite, Monsieur le Maire a épelé la liste des 28 combattants du groupe de résistance Ange-Buckmaster Morts Pour La France, dont le QG de maquis était installé sur notre commune :

Clément BAROWY, Jean BOURGE, André BOUTEYRE, Victor dit Christian BRANSIECQ, Jean BRESSON, Joseph CABRERIZO, Jean  DELOBRE, Jean FARGIER, Jean GAUDARD, Antoine GUYOT,  Simon HECHT, François JANOWIACK, Charles LAURENT,  Roger LORISSON, Antonin MANIN, Eugène MANOA, Henri MULLER,  Marius PEYRARD, Pierre POUGET, Henri POYET, Christian PRUNIER,  Pierre ROBERT, Paul ROLLAT, André ROUGé, Alfred TOURBIER,     Jean-Paul TREILLARD, Jean VIAL, Claude WEIL.

Eux aussi, ils ont tout donné pour la France et les Français d’aujourd’hui. Ne les oublions pas.

Suivit le dépôt de la gerbe de la commune au pied du Monument aux Morts, une minute de silence et enfin le salut au Porte-Drapeau, Monsieur Pierre-Henri BAROU.

Ensuite Monsieur le Maire, poursuivit la cérémonie en évoquant la situation présente et notre confinement, faisant écho, 75 ans après, au confinement que subit Anne Frank, sa famille et des milliers d’autres, au printemps 1942, dans un appartement secret dissimulé dans l’annexe de l’entreprise de son père.

Ce confinement forcé, qui dura 2 ans, protégea Anne Frank et sa famille de la redoutable peste brune nazie qui décimait l’Europe et le Peuple Juif.

Le 4 août 1944, le refuge est découvert. Anne et les autres clandestins sont arrêtés par la police.  les nazis déportent le groupe vers le camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Le voyage en train dure trois jours et Anne est entassée dans un wagon à bestiaux avec près de mille autres personnes. Il y a peu d’eau et de nourriture disponibles pendant le trajet et un simple petit tonneau fait office de toilettes.
Début novembre 1944 Anne et sa sœur sont transportées vers le camp de Bergen-Belsen. Leurs parents restent à Auschwitz.

Dans le camp de Bergen-Belsen les conditions sont dramatiques : il n’y a presque pas de nourriture, il y fait froid et tout comme sa sœur Margot , Anne est atteinte du typhus. Au mois de février 1945, Margot puis Anne décèdent des suites de cette maladie.

Cette histoire dramatique nous enseigne, 75 ans plus tard, que la meilleure protection contre un fléau, reste le confinement.

Le Maire, Mr Jacquetin, Clôtura enfin la cérémonie en saluant les personnes présentes par ces paroles :

« Cette cérémonie étrange par sa forme de huis clos, mais tellement nécessaire, est maintenant terminée. Je remercie notre jeune Porte-Drapeau représentant de la jeunesse et donc de l’espoir que nous fondons dans l’avenir, je salue et remercie les personnes présentes ainsi que les habitants du voisinage qui ont assisté à cette cérémonie et ont soutenu cette dernière depuis leur fenêtre ou leur jardin, pour la mémoire et le respect de nos aînés à qui nous devons notre liberté présente » .

Quelques photos :
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