Au fil de l'eau, Nature et Environnement

Les tourbières et zones humides de Gumières


Les Monts du Forez constituent un véritable château d’eau pour le département de la Loire. 52 tourbières pour environ 850 hectares sont actuellement recensées côté Loire du massif du Forez. Ceci fait de cette zone I’un des plus grands massifs de tourbières en France. Ces zones humides remarquables constituent les sources de nombreux ruisseaux qui alimentent la plaine du Forez, avant de se jeter dans la Loire.

Au-delà de l’intérêt hydrologique important, ces tourbières présentent de nombreux autres intérêts (scientifiques, socio-éconorniques) et un patrimoine naturel remarquable. Parmi les plantes supérieures protégées recensées sur le Forez, certaines ont une abondance exceptionnelle comme Andromeda polifalia et certaines laîches (Carex pauciflora, Carex limosa). Ces tourbières abritent également des espèces faunistiques adaptées et protégées comme le Nacré de la canneberge et le Damier de la Succise, papillons inscrits à I’annexe Il de la Directive Habitat.

De manière à évaluer la faisabilité d’une gestion conservatoire au niveau d’un ensemble de zones humides d’intérêt patrimonial, une étude préalable a permis d’identifier 4 sites prioritaires pour à la mise en place d’un programme de préservation parmi 26 zones visitées sur les cantons de Saint-Jean-Soleymieux et de Saint-Bonnet-le-Château.
0501-zhumides-photo1
2 de ces 4 sites sont situés sur la commune de Gumières, l’un au Col des Limites, l’autre à Verdine-Cassard, aux sources de la Mare :

05-01-carte-commune-Gumieres-et-des-ZH

LA TOURBIERE DE VERDINE – CASSARD

La zone se situe entre 1140 et 1200 m d’altitude, sur le secteur hydrographique du cours d’eau la Mare. Sa surface est de 7,2 hectares.
D’un point de vue hydrologique, les tourbières prennent naissance dans d’anciens cirques glaciaires formant des dépressions. La topographie du site forme un réceptacle des eaux de pluie qui s’écoulent en direction de l’Ouest, vers le Jas puydomois de Gagnaire. C’est au niveau de ce Jas, à 1133 m d’altitude,
que le ruisseau d’Auzon et les eaux de Verdine – Cassard se rejoignent et constituent le réseau hydrographique de la Mare. La tourbière de Verdine – Cassard correspond à I’une des sources de la Mare
Cette tourbière héberge une jasserie en ruine entourée d’un ancien réseau de drains désormais à I’abandon qui témoignent des activités humaines passées sur le site.

La jasserie : c’était une ferme d’estive

jasserie 02-2011

Les fermes d’estive avaient une organisation particulière. Traditionnellement, la vie en jasserie était calquée sur Ie rythme du soleil. Ce sont principalement les femmes qui montaient à la loge pour soigner le troupeau et fabriquer le fromage (la fourme). Les hommes, eux, restaient au village pour les travaux agricoles. S’ils rejoignaient la jasserie, c’était pour les fenaisons, l’entretien des amenées d’eau ou pour couper du bois. Cette spécification des tâches se retrouve dans la structuration interne de la jasserie. Le fenil et l’appentis sont le domaine de l’homme; la logette ou pièce d’habitation reste surtout consacrée à la transformation du lait donc plutôt aux femmes (FAVEROT, FRAPPA, 2001). Aujourd’hui, les jasseries encore en état témoignent de cette activité traditionnelle mais leur utilisation a souvent changé: stockage de matériel agricole, résidences secondaires.

 

Cet article est majoritairement extrait du document de travail provisoire établi par le CENRA .
(Conservatoire d'Espaces Naturels Rhône-Alpes), dans sa mise à jour d’août 2014.
 Pour ceux qui souhaiteraient plus de détails, 2 liens en fin de texte renvoient vers le document
 complet,en 2 fichiers .pdf, chacun d’une 50aine de pages.